Au mois de décembre dernier, six ans après sa création, Udalbiltza est retournée au Palais Euskalduna, où elle a souligné que les cinq principes approuvés pendant l'assemblée constitutive restent en vigueur, mais aussi l'importance du moment politique actuel.
Les effets positifs qui sont issus des initiatives promues pendant l'année 2003 nous remplissent de satisfaction. De fait, la signature de l'Accord Démocratique de Base et la dynamique de relations que développe la Table ronde pour l'Accord, créée pour la diffusion de cet accord, pour la résolution du conflit, et la promotion du Forum de Débat National, le travail de l'Assemblée pour le Développement National et le consensus autour du Premier plan national pour la construction d'Euskal Herria, pour la construction nationale, ont donné lieu à un contexte très prometteur pour notre peuple.
Dans ce contexte, vu les conditions et les nécessités, Udalbiltza considère comme terminée une étape et, dans cette nouvelle année politique, un nouveau cycle commence. Actuellement, contrairement à il y a maintenant six ans, nous disposons de collaboration, et c'est là le modèle que nous développerons. En ce sens, nous développerons les cinq principes approuvés au Palais Euskalduna, tant par la signature d'accords avec les acteurs sociaux et l'implication des mairies dans ce processus (en vue du développement du plan national), comme par la continuation sur la voie entreprise avec la «Charte des droits».
Vu tout cela et les engagements constitutifs d'Udalbiltza, celle-ci doit se transformer en un acteur actif de la résolution du conflit dans le paysage politique général. Les réflexions et les analyses effectuées par Udalbiltza durant ces six années sur l'origine et les caractéristiques du conflit, les opinions partagées avec des acteurs tant d'Euskal Herria comme de l'extérieur, etc. constituent un patrimoine de grande importance, c'est pourquoi le devoir de cette institution nationale intégrée par des communes et des élus municipaux doit consister à le faire connaître et partager avec les acteurs impliqués dans la résolution du conflit.
En ce qui concerne les relations, la priorité doit être donnée à la Table ronde pour l'Accord.
Comme elle l'a maintes fois affirmé, Udalbiltza fait sien le contenu de l'Accord Démocratique de Base, et considère estimable le travail accompli depuis le mois de mars dernier. Au-delà de l'abstrait, 52 acteurs sociaux, politiques et syndicaux ont entamé un effort évident pour passer de la théorie à la pratique et trouver une solution au conflit, en souscrivant l'Accord Démocratique de Base pour la résolution du conflit et en établissant des relations avec ceux qui ne l'ont pas fait, dans le but de diffuser l'accord mentionné.
En prenant ce but comme point de départ, l'intention d'Udalbiltza est de se réunir, de partager ses réflexions et favoriser la coopération avec ces acteurs, afin que la Table ronde pour la Résolution devienne une réalité pour l'Aberri Eguna de l'année prochaine.
Udalbiltza déclare sa volonté de promouvoir le processus, tant en faisant les pas nécessaires dans cette première phase, comme de transmettre la question à sa phase décisive, ainsi que par la mise à disposition d'une consultation populaire hypothétique de toutes les ressources humaines desquelles elle dispose dans les sept territoires.
Lecture du moment politique
Nous nous trouvons à un moment significatif : même si nous continuons à subir les graves conséquences du conflit, l'attitude favorable à une résolution définitive et démocratique du conflit a profondément percé dans la société basque, et les acteurs donnent leurs propositions pour la résolution. Avec de nombreuses nuances, les positions des principaux acteurs se sont rapprochées, même si ce ne sont que des paroles (la reconnaissance générale de la nature politique du conflit, la nécessité de consulter les citoyens, la création d'une table ronde d'acteurs…).
Même à d'autres niveaux, la résolution du conflit reste l'un des sujets du programme des institutions qui gèrent le cadre politique actuel, des institutions d'état comme des autonomes.
Au-delà de l'abstrait, on commence à détecter des avancées, et une tentative évidente de passer de la théorie à la pratique : l'Accord Démocratique de Base est en marche.
Réflexions d'Udalbiltza et trajectoire parcourue pour parvenir aux conclusions
Conclusion générale sur l'origine et les caractéristiques du conflit: le conflit que nous subissons réside dans la négation de la reconnaissance des droits et de la possibilité de leur exercice. Il s'agit d'un conflit de nature politico-historique entre trois nations et, en ce sens, il est indispensable qu'Euskal Herria soit reconnue comme sujet de droits politiques, comme les autres deux nations.
Avant d'arriver à cette conclusion, Udalbiltza a fait divers pas : la synthèse «Euskal Herria sur la voie vers la démocratie et la paix», la «Charte des droits» (2002) et les conclusions de la Conférence Internationale pour les Droits des Peuples.
Conclusion générale et raisonnement
«Le conflit basque» est un conflit historique de nature politique et de portée internationale.
1. La caractéristique politique: le conflit est la conséquence de la négation de la souveraineté et, par conséquent, la clé pour sa résolution est située dans la reconnaissance politique (reconnaissance de la souveraineté). Il est indispensable qu'Euskal Herria soit reconnue comme sujet de droits politiques, et les citoyens basques sujets des droits mentionnés, pour une résolution définitive et démocratique du conflit. De fait, en accord avec le principe d'égalité, l'ensemble des citoyens basques (dans quelque commune d'Euskal Herria que ce soit qu'ils résident) doit voir reconnue la totalité de ses droits, ainsi que leur droit à participer au processus. C'est en cela que réside précisément le concept de territorialité d'Udalbiltza : dans le fait d'être le garant contre la marginalisation de la citoyenneté basque.
2. La caractéristique historique: le conflit n'est pas apparu avec la création d'ETA, en 1959, ni avec l'apparition du nationalisme classique, en 1882 ; en revanche, le conflit est directement en rapport avec la perte forcée de la souveraineté et la résistance contre l'assimilation, dynamiques qui ont eu lieu tout au long des siècles. Ces processus n'ont pas eu lieu simultanément dans l'ensemble d'Euskal Herria, mais leurs conséquences subsistent encore. De nos jours, Euskal Herria est une nation sans état ; toutefois, ce n'est pas l'unique statut politique institutionnel qu'a connu cet ancien peuple à langue préindoeuropéenne. De fait, le développement politique institutionnel de ce peuple s'est avéré très divers, et preuve en est les allusions claires que nous pouvons trouver dans l'histoire de l'Europe des dernières 2.200 années. En ce sens, il faut souligner qu'Euskal Herria a disposé de reconnaissance internationale pendant des siècles : ainsi, le cadre juridico-politique actuel n'est pas celui que ce peuple a établi suite à son développement démocratique, mais celui du à l'imposition par la force et pendant des siècles par les états-nations voisins du nord et du sud.
3. La caractéristique internationale: bien qu'il existe un grand intérêt à le présenter comme un problème interne d'un état concrètement, il n'y a pas d'espace pour le comprendre ainsi, puisqu'il y a trois acteurs impliqués dans ce conflit : deux d'entre eux (la République française et le Royaume espagnol) sont des états membres de l'Union Européenne, et le troisième constitue actuellement une nation sans état ; cependant, on doit rappeler que la politique menée pendant les siècles précédents par ces deux états a eu un effet direct sur cette situation. L'origine du conflit entre les trois nations remonte au fait que les dits états-nations, tout au long de leur processus de création, soumettent et divisent le plus petit d'entre eux, tant en taille qu'en nombre d'habitants. Dès lors, les deux états ont refusé la nature de nation et de sujet de droits à Euskal Herria et ont empêché, en outre, qu'elle crée son état moderne propre. Toutefois, Euskal Herria réunit les conditions exigées dans le cadre académique pour être sujet au droit à l'autodétermination.
Au bout du compte, le cadre de résolution naturelle du conflit n'est pas celui d'un des états impliqués, ni de la législation à appliquer celle d'un état concrètement. En revanche, le cadre logique pour la résolution du conflit et la législation correspondant à ce cadre réside dans le droit international. Maintenant il s'agirait qu'au fur et à mesure que le processus avance, il ait des répercussions sur les réglementations des états oppresseurs.
En Euskal Herria, le 15 novembre 2005
Comparution de presse d'Udalbiltza au palais Euskalduna (2005-09-17)
Journée d'obtention de l'EHNA