BILAN D'UDALBILTZA POUR L'ANNÉE 2006 (2006-12-29)

En cette fin d’année 2006, le moment est venu de nourrir l'espoir avec de l'action. Sur la base des traités internationaux, c'est l'heure de construire notre démocratie tous et toutes ensemble. Udalbiltza est disposé à aider en ce sens.

En cette fin d’année 2006, le moment est venu de dresser le bilan. 2006 n'a pas été une année quelconque pour Euskal Herria. Durant cette année dont à l’avenir nous rappellerons la grande importance, s’impose une sensation aigre-douce : nous nous en rappellerons pour ce qu’elle a pu être mais surtout pour ce qu’elle n'a pas été. Même s’il y a des conditions comme jamais il y eut pour résoudre définitivement le conflit et que la citoyenneté basque ait clairement exprimé sa volonté, l'immobilisme des états français et espagnol, l'opposition au processus et le manque d’engagement par certains des principaux acteurs se sont transformée en obstacles insurmontables.

Cette année qui se termine nous a laissé diverses dates, comme le 75ème anniversaire de l'assemblée de mairies de Lizarra et du 30ème anniversaire du mouvement de maires de Bergara. En outre, on se rappelle d'autres anniversaires notables dans l'histoire de ce peuple: le soulèvement fasciste Franco et de Mola, le bombardement d'Otxandio, le 70ème anniversaire des exécutions de Lauaxeta et Fortunato Agirre… Le mouvement apparu à la suite de tous ces anniversaires nous démontre que la mémoire historique de ce peuple se réveille, qu’il existe un peuple qui n'est pas disposé à oublier. Des événements historiques que certains préfèrent oublier mais fondamentaux pour comprendre la réalité actuelle ont acquis une importance spéciale: certains d’entre eux, immédiats, arrivés pendant les dernières décennies et dissimulés sciemment; d'autres, plus anciens, lié au devenir des villages et villes et déformés par l'histoire officielle.

Dans le cadre international, on se souviendra de l'année 2006 à cause de l'échec que subi par les Etats-Unis en Iraq, le décès de Pinochet et le succès électoral des forces politiques progressistes en Amérique du Sud. Toutefois, les citoyens basques s’en souviendront à cause de l'écho obtenu par le conflit basque dans la Communauté internationale, après les manifestations de diverses autorités de niveau mondial et de la réunion plénière de l'Union Européenne, ce à quoi on doit ajouter le travail effectué par Udalbiltza dans la diaspora.

En ce qui concerne Udalbiltza, cette année productive qui prend déjà fin a été marquée, fondamentalement, par les pas fait durant ces sept années, le travail pour la réorganisation d'Udalbiltza et l’engagement pour les droits de la citoyenneté basque. En vue d'une institution nationale qui réunit tous les élus municipaux, nous avons travaillé pour renforcer notre relation avec les forces politiques et Udalbide, en essayant de promouvoir un Aberri Eguna unitaire. De même, en vue de la reconnaissance de tous les droits repris dans les traités internationaux pour toute la citoyenneté basque, nous avons passé l'année à élaborer un rapport qui rend compte et dénonce les violations qui se produisent et propose des mesures pour que ces dernières n’adviennent plus.

Quant au développement des cinq principes approuvés au palais Euskalduna, il pourrait être dit que nous avons continué et approfondi sur la voie entreprise les années précédentes. L'année 2006 s'est avérée réellement fructueuse, et une mention spéciale pour le projet de curriculum basque pour le domaine de l’enseignement, puisque nous avons entamé et avons fini l'année en travaillant sur la contribution de la citoyenneté: nous commencions le 28 janvier avec les journées organisées au Kursaal et nous finissons en publiant le livre et CD correspondants.

D'autre part, la collaboration entamée avec le Conseil de l'Euskara a eu sa continuation, en vue de l'observatoire de droits linguistiques; en collaboration avec Gaindegia, on a élaboré le livre et la base de données Euskal Herria depuis l'Observatoire des Données 06, une étude et une photographie statistiques du secteur primaire; on a promu l'initiative Bai Eskolak Euskalduntzeari ; en liaison avec l'association Iparra-Hegoa, on a favorisé la coopération entre les peuples; en collaboration avec l'Assemblée pour le Développement National, on a développé à nouveau Gogoeta XXI et, le plan national; et on a souscrit de nouveaux accords avec des radios d'Ipar Euskal Herria.

En ce qui concerne la construction nationale de ce peuple, Udalbiltza souligne les pas fait en matière de nationalité, puisque 55.000 personnes ont obtenu leur Déclaration de nationalité Basque, tant dans l'ensemble des régions d'Euskal Herria comme dans le cadre international, dans la diaspora: l'initiative pour traiter l'EHNA a été étendue à l'Argentine, l'Uruguay, Països Catalans et l'Ecosse. En ce qui concerne son utilisation, outre le guide de la vallée d'Urola, 2006 a vu publié les guides d’Arrasate, de Bergara, de Lea-Artibai et d’Ordizia, preuve de la grande adhésion de la citoyenneté et des différents secteurs.

En tous les cas, au-delà de tous ces faits, on se souviendra de l’année 2006 pour la possibilité de résoudre le conflit définitivement. D'une part, se sont produits le cessez-le-feu permanent d'ETA, les conditions nécessaires pour ouvrir un processus démocratique, de grandes manifestations et des pétitions massives et, comme le démontrent les enquêtes, la citoyenneté basque a ouvertement déclaré sa volonté d'être comme les autres nations du monde.

Toutefois, d'autre part, la poursuite des procès 18/98 et autres, la politique de dispersion des prisonniers, les illégalisations, la doctrine Parot, la situation d'Iñaki de Juana Chaos, les arrestations, l'interdiction de tenir des actes et des mobilisations, l'interdiction de tenir l'Assemblée Générale d'Udalbiltza et une beaucoup d’etcetera représentent l'immobilisme ou l'attitude contraire au processus des états espagnol et français. Et si à cette sombre image nous ajoutons le manque d’engagements de certains des principaux acteurs et le manque de volonté de respecter la parole de ce peuple, les obstacles sont insurmontables.

Le moment est venu de créer les conditions nécessaires pour la paix et la démocratie; au-delà de volontés présumées, c’est l’heure des engagements, de nourrir l'espoir avec des faits. Il est déjà temps de passer de la parole à l’action, d'assumer des engagements, de donner la parole au peuple et de la respecter. Les lois qui nous ont été imposées ne peuvent pas constituer des limites ou des conditions pour la démocratie. Tous et toutes ensemble, nous devons obtenir que ces droits de l’homme que les traités internationaux reconnaissent à tous les citoyens soient également reconnus et soient appliqués aux citoyens basques dans toute Euskal Herria. Il est l’heure de construire une démocratie propre à Euskal Herria, et Udalbiltza s’y tient.